Pourquoi parler de cépages oubliés en Savoie ?
Dans cette région, le patrimoine ampélographique (l’étude des cépages) a longtemps été marqué par l’introduction de variétés plus productives après le phylloxéra (fin XIXe siècle) puis par une standardisation liée à la recherche de rendements plus élevés. L’arrivée du contrôle des AOC dans les années 1970 rationalise encore la carte des cépages autorisés. Résultat : sur les quelque
120 cépages historiquement référencés en Savoie, seule une poignée (moins de 15) couvrent aujourd’hui la quasi-totalité des surfaces plantées (source : Vins de Savoie - Interprofession).
Les cépages “oubliés”, peu à peu écartés à force de sélections massales, réapparaissent parfois grâce à la curiosité des vignerons. Leur rareté fait d’eux les témoins d’un autre temps et, dans le verre, ils expriment une part de ce patrimoine invisible. Parmi eux : la Mondeuse grise, le Persan, le Mornen noir, la Verdesse, le Chatus… Autant de noms qui éveillent la curiosité, tant gustative qu’historique.
- Persan : moins de 20 hectares plantés (en 2022, source : Raymond Jacquet, “Histoire du vignoble de Savoie”).
- Gringet : fierté du secteur d’Ayze, sauvé de l’oubli, moins de 50 hectares.
- Verdesse : à peine une dizaine d’hectares recensés, essentiellement sur les pentes de l’Isère.