Derrière la rareté, la diversité : les atouts sensoriels des anciens cépages blancs
Il y a dans les cépages anciens une diversité aromatique difficile à retrouver chez les variétés plus répandues, adaptées à l’époque moderne parfois au prix de l’identité. Le Gringet livre ainsi des arômes de bergamote, d’amande, d’herbes alpines, qui confèrent aux vins de l’Ayze une empreinte olfactive inimitable, loin des standards internationaux. La Mondeuse blanche, en micro-parcelles chez seulement cinq vignerons en 2023, révèle des profils tendus, floraux, presque iodés, prisés pour la production de vin effervescent : elle offre une acidité vive très recherchée dans l’élaboration des pétillants traditionnels.
Quelques chiffres clés :
- En 1952, la Savoie recensait encore 17 cépages blancs anciens : moins d’un quart subsistent aujourd’hui (Revue de Géographie Alpine).
- Le Gringet couvre à peine 0,2 % de la surface viticole savoyarde , contre près de 50 % pour la Jacquère (Vinsdesavoie.eco).
- La Verdesse, ancienne gloire de l’Avant-Pays savoyard, n’occupe aujourd’hui qu’une poignée de rangs sur le Bassin de Chartreuse, sauvée in extremis de l’oubli par quelques tenaces vignerons-citoyens (FranceAgriMer).
L’intérêt sensoriel est double : ces vignes, implantées sur des micro-terroirs souvent inaccessibles à la mécanisation, livrent des raisins à la maturité lente, dotés d’expressions singulières, capables d’éloigner les blancs savoyards des sentiers battus.