La naissance d’un vignoble de montagne
L’essor après le drame : la vigne plus forte que l’oubli
Au fil des siècles, les survivants du Granier et leurs descendants bravent le souvenir du désastre. Au XVIe siècle déjà, on mentionne la vigne à Apremont. Mission laborieuse : extraire des pierriers un pain de terre apte à l’enracinement, bâtir des murets de pierres sèches, dompter le chaos.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la vigne deviendra la culture dominante, remplaçant l’élevage et les prés, quand le climat plus doux et la demande lyonnaise pour les « vins blancs de montagne » catalysent un boom viticole (Terroirs de Savoie).
Cépages et singularités de l’AOP Apremont
Aujourd’hui, le paysage viticole d’Apremont est dominé à 85 % par un cépage : la Jacquère. Elle exprime tout son potentiel sur ces sols pauvres en matière organique, mais riches en minéraux, donnant des vins cristallins, nerveux, floraux et marqués par une note pierreuse révélatrice de leur histoire géologique.
- Altitude des vignes : de 250 à 450 m
- Superficie : environ 400 ha (soit près de 11 % du vignoble savoyard, chiffres CIVS)
- Production annuelle moyenne : entre 25 000 et 30 000 hl
- Densité de plantation : 8 000 ceps/ha dans les zones les plus caillouteuses
La diversité des expositions et la multiplicité des petites parcelles donnent des variations sensibles d’un cru à l’autre : la Jacquère de Pierre, la Jacquère de Bris — chaque coteau impose ses nuances.