Le mont Granier, 1248 : effondrement géologique et choc humain
Un grondement sourd, la nuit du 24 au 25 novembre 1248. Puis, 700 millions de mètres cubes de roches s’arrachent des flancs calcaires du Granier, anéantissant cinq villages entre Savoie et Dauphiné. Les chroniques évoquent 5000 disparus, selon une estimation courante issue, entre autres, du Dictionnaire Historique de la Savoie. L’événement dépasse le simple drame : jamais, depuis l’ère glaciaire, la montagne n’avait connu tel basculement en Europe.
Pour comprendre l’identité viticole du pays du Granier, il faut revenir à cette nuit d’effroi : 23 km² remodelés en un chaos de roches, d’argiles et d’éboulis, formant le nouveau piémont qui porte aujourd’hui les vignes d’Apremont, d’Abymes, de Saint-Baldoph, et jusqu’aux portes de Chapareillan.