Chronique d’un chaos naturel : perception et légendes locales
L’effondrement du Granier a marqué durablement la culture locale. Des chroniques du Moyen-Âge aux récits des vignerons d’aujourd’hui, l’événement s’est transmis sous formes de contes, de toponymes et de récits légendaires. Plusieurs chapelles votives subsistent, notamment à Myans, épargnée par miracle, devenue haut-lieu de pèlerinage (source : Mémoires et traditions de Savoie, Y. Deville, 2003).
La “mer de pierres” fut longtemps vue comme un désert maudit, avant de devenir, au fil des siècles, un territoire de résilience pour la vigne. On raconte que certains pieds de Jacquère, plantés entre deux blocs, auraient résisté à tous les gels du siècle passé, protégés du vent par les éboulis.
Tous les ans, lors de la Saint-Vincent (fête des vignerons), la mémoire du chaos du Granier ressurgit : des traces de cette nuit où tout bascula, la vigne fait son œuvre d’oubli, et le vin, celle de la mémoire.