Perspective sur l’avenir des vins d’Apremont et Abymes
Le travail des vignerons modernes rebat la carte : segmentation parcellaire, micro-vinifications, conversion bio, redécouverte de cépages accessoires. Aujourd’hui, une poignée de domaines - Jean-François Quénard, Masson, Les Fils de René Quénard sur Apremont, ou Giachino, Les Roussettes sur Abymes - déploient chaque année des cuvées “parcellaires” magnifiant l’infinie palette des sols. Cette lecture fine du terroir séduit de plus en plus au-delà de la région : exportations en hausse de 4 à 7 % selon les marchés depuis 2018 (source : FranceAgriMer, 2023), très rare pour les vins alpins.
La compréhension actuelle des sols ne trahit pas la mémoire de la montagne ; elle la prolonge, la révèle. Les vignerons des deux appellations cherchent moins à opposer qu’à dialoguer entre tension et rondeur, verticalité et fruit. Il n’existe pas d’Apremont sans Abymes, ni l’inverse : la beauté du vignoble savoyard, c’est d’avoir su faire d’un effondrement une source de diversité, d’audace et de poésie.
Sources complémentaires : Interprofession des Vins de Savoie (www.vins-savoie.fr), Revue des Œnologues n°168 (2018), INAO, FranceAgriMer.