Pressions économiques et méconnaissance : Un frein à sa diffusion
La tentation des cépages internationaux
Dans les années 1980-2000, lorsque le vin de Savoie tente de gagner le marché national et international, les cépages plus adaptables (Chardonnay, Jacquère, Altesse) voient leurs surfaces exploser. Les vignerons cèdent parfois à la facilité commerciale : le Gringet, discret et difficile, n'a jamais suscité les convoitises de la grande distribution. Son rendement strictement contrôlé (moins de 60 hl/ha), sa vinification délicate et son cycle végétatif plus précoce limitent sa rentabilité face à des cépages plus “dociles”. Peu d’encouragements non plus du côté des politiques agricoles nationales, qui misent alors sur une normalisation de la production (source : rapport Chambres d’Agriculture Savoie Mont-Blanc, 2010).
Un cépage dans l’ombre
La notoriété d’un cépage ne tient parfois qu’à sa capacité à séduire les prescripteurs et le grand public. Le Gringet, longtemps consommé localement ou dans la sphère familiale, peina à franchir les frontières du Faucigny. Les écoles d’œnologie ne le mentionnent qu’en marge, les guides spécialisés s’y attardent rarement, et son potentiel à l’export effraie les plus ambitieux (ce n’est qu’en 1973 qu’il obtient la mention obligatoire dans l’AOC “Vin de Savoie Ayze” – source : INAO).