Patrimoine vivant : menaces et projets pour l’avenir
En 2024, la viabilité du Gringet reste suspendue à plusieurs questions :
- Changements climatiques : la hausse des températures abaisse l’acidité naturelle du raisin, bouleversant l’équilibre qui faisait jusque-là sa renommée. Des expérimentations sont en cours sur le travail des sols et la gestion du couvert végétal (source : La Revue du Vin de France, dossier Savoie 2023).
- Risque sanitaire : patrimoine génétique extrêmement restreint, vieillissement des pieds, problèmes de greffage. Le maintien d’une diversité intra-cépage est l’objet de recherches en partenariat avec l’IFV (Institut Français de la Vigne).
- Transmission : la relève doit être formée car la majorité des exploitants actuels a plus de 50 ans.
Mais le Gringet attire aussi une nouvelle génération soucieuse d’agroécologie, de vinification naturelle, de circuits courts. Plusieurs jeunes vignerons réhabilitent les vignes en friche, replantent en sélection massale, tentent d’élargir l’offre (pétillants nature, macérations plus longues, expérimentations en amphore).
Vers une reconnaissance accrue ?
La reconnaissance officielle (AOC renforcée en 2011 pour les effervescents) et une communication patiente font leur œuvre. La Savoie est davantage scrutée par sommeliers, journalistes et amateurs ; le Gringet, longtemps conservé dans une alcôve, commence à s’inviter sur les plus belles tables et dans les sélections de cavistes parisiens et internationaux.
Il s’agit désormais de préserver ce patrimoine sans céder à la pression de la standardisation ou de l’industrialisation : chaque bouteille de Gringet doit rester un témoignage, une rencontre, une promesse de paysage.