Techniques propres aux pentes savoyardes : entre adaptation et invention
Cultiver en bio sur ces terroirs demande un sens de l’improvisation attentif et patient. Trois leviers structurent les progrès du vivant local, autour de la Jacquère mais aussi de l’Altesse, du Gamay ou du Mondeuse plantés à la marge.
1. L’enherbement réfléchi
Abandonner l’herbicide, oui, mais comment éviter la concurrence hydrique au pied des rangs, surtout lors des périodes de déficit? Beaucoup s’en remettent à un enherbement semi-permanent : un rang sur deux travaillé, alternance de graminées peu gourmandes (fétuque, pâturin), ou mélange légumineuses pour enrichir le sol naturellement. En 2023, plus de 70% des domaines en bio à Apremont-Abymes pratiquaient cette approche, contre 23% au niveau national (source Agence Bio).
2. Maîtrise du cuivre et biocontrôle
L’humidité estivale favorise les maladies fongiques. Or : la réglementation AB limite l’usage du cuivre (max. 4 kg/ha/an). Les vignerons ont multiplié les essais sur les huiles essentielles, décoctions de prêle, argent colloïdal, extraits d’algues. Le CIVS note qu’en 2022, la moitié des exploitations ont expérimenté au moins deux produits de biocontrôle, avec parfois un recul du cuivre jusqu’à 2,3 kg/ha.
3. Gestion douce du sol
Travailler le sol sur pente, c’est risquer l’érosion. Des micro-terrasses, le travail du sol au cheval ou avec des chenillards légers, ainsi que l’utilisation de compost de fumier local, font leur retour. Dans l’aire d’Apremont, la proportion des surfaces mécanisées à l’aide d’engins lourds a diminué de 21% entre 2015 et 2022.