Dans les coulisses d’une renaissance confidentielle
La sauvegarde du Joubertin relève aujourd’hui presque de l’acte militant. Pour chaque plant qui survit, c’est un fragment de mémoire, de paysage, de geste artisanal qui subsiste. Les premiers essais de revinification, les micro-parentiers installés depuis 2015, n’en sont qu’à leurs débuts, et tout laisse à penser que la décennie actuelle sera décisive quant à la place (certes minuscule, mais symbolique) qu’il pourra retrouver dans les flacons de demain.
Rien ne dit que le Joubertin redeviendra un pilier du paysage savoyard, mais sa longue résistance, entre arrachages, oublis, expérimentations, invite à penser autrement la viticulture alpine : comme une mosaïque fragile, où chaque cépage — fût-il invisible à l’échelle commerciale — porte en lui l’avenir d’une diversité précieuse.
Pour les curieux, il reste à guetter la rarissime sortie d’une cuvée Joubertin — et, entre deux verres, à écouter tout ce qu’elle a à raconter sur le fil de l’histoire viticole savoyarde.