Un cépage témoin de l’histoire viticole savoyarde
L’Étraire de la Dui apparaît dès le XIX siècle dans les ouvrages ampélographiques savoyards (Viala et Vermorel, 1905), décrit comme cépage « robuste », cultivé sur les coteaux ensoleillés de l’avant-pays savoyard et du Dauphiné. Son nom, probablement hérité du dialecte franco-provençal, évoque le « pressoir à deux mains » utilisé pour presser ses petites grappes denses. Autrefois largement répandu — plus de 200 hectares au début du XX siècle selon les recensements agricoles — l’Étraire de la Dui fut victime de la crise phylloxérique, avant de subir la concurrence du Gamay et des hybrides, puis la rationalisation du vignoble après-guerre (sources : InterRhone, Fredéric Maver, Vigne et Vin autour des Alpes françaises).
À la fin des années 1990, seuls quelques rangs subsistaient, essentiellement autour de Montmélian, Saint-Jean-de-la-Porte et sur les pentes argilo-calcaires de la vallée du Grésivaudan. Une poignée de vignerons (Louis Magnin, Jean-Yves Péron, et la famille Trosset) entreprirent la sauvegarde de ce patrimoine, sélectionnant avec soin les rares ceps survivants.