L’évanescence du Persan : un cépage presque disparu
Dans l’entrelacs des pentes alpines, une poignée de ceps ont failli sombrer dans l’oubli. Le Persan, cépage rouge indissociable d’une partie de la mémoire viticole savoyarde, a frôlé l’extinction au XX siècle. Jadis compagnon des tables locales sous les noms de Princens ou Bécuet, il était cultivé à grande échelle : selon les travaux de Louis Levadoux (INRA, 1956), plus de 900 hectares étaient dévolus au Persan en Savoie et dans la Combe de Savoie – soit bien davantage que la Mondeuse aujourd’hui (vitis.org).
Mais au fil du siècle, la phylloxera, la concurrence d’autres cépages, l’évolution des goûts et le morcellement du vignoble l’amènent à la quasi-extinction. Dans les années 1980, les recensements ne trouvaient en Savoie qu’une vingtaine d’hectares, parfois mal entretenus, relégués en haut de talus ou mélangés à d’autres plants.
Pourquoi cette lente disparition ? Quelques facteurs clés :
- Faible rendement naturel : moins productif que d’autres variétés locales.
- Sensibilité au mildiou, à l’oïdium et à la coulure, qui découragent une viticulture intensive.
- Longues maturations : cannait des vendanges tardives, peu adaptés à une logique productiviste des années 1950-1980.
- Pâleur de la robe (donnant parfois des rouges jugés "légers" dans la tradition du vin paysan).
Un sort partagé par d’autres cépages autochtones (Etraire de la Dui, Joubertin, etc.) mais qui signe la fin de son âge d’or. Seuls subsistent quelques ceps vénérables autour de Saint-Jean-de-Maurienne et de la Combe de Savoie.