Moraines glaciaires : carte d’identité d’un sol vivant
Une moraine se forme à la suite du passage d’un glacier qui, dans sa lente avancée, broie, polit, empile roches et sédiments arrachés à la montagne. Quand la glace recule, elle abandonne derrière elle ces amas confus : argiles, graviers, galets, blocs. En Savoie, le dernier grand épisode glaciaire (Würm, -115 000 à -11 700 ans environ, source : Quaternaire) a sculpté les paysages, charriant des moraines jusque sur les flancs exposés aujourd'hui à la vigne.
Le Chignin-Bergeron, l’un des crus les plus réputés de Savoie, s’enracine notamment sur de puissantes moraines perchées issues du glacier würmien. On retrouve aussi ces formations à Arbin, aux portes de la Combe de Savoie, ou encore à Apremont, ce vignoble issu de l’effondrement du Granier en 1248.
- Composition variable : graviers calcaires, quartz, micaschistes, argiles rouges, sables.
- Drainage naturel : la structure morainique favorise l’écoulement de l’eau, protégeant la vigne du stress hydrique… ou de l’excès d’humidité selon la compacité des matériaux.
- Richeur minérale : l’hétérogénéité des apports rocheux multiplie oligo-éléments et matières nutritives.
La carte géologique savoyarde fait ainsi alterner cônes d’alluvions, terrasses conglomeratiques, éboulis calcaires et nappes morainiques — créant des mosaïques de terroirs où chaque cuvée raconte la profondeur de sa terre.