Un cépage fantôme, une résurrection fragile
La vallée du Grésivaudan, entre Isère et Savoie, abrite un vignoble aux contours parfois flous, à l’image de la Verdesse elle-même : cépage blanc ancien, secrètement préservé sur quelques arpents, mais longtemps ignoré du grand public. Originaire de ce couloir alpin, la Verdesse possédait au début du XIX siècle une aura presque légendaire auprès des vignerons locaux (Source : Pierre Galet, Cépages et Vignobles de France). Résistante au froid, expressive, mais délicate à cultiver, elle a été supplantée au fil des décennies par des variétés plus dociles : Jacquère, Altesse, puis, dans une certaine mesure, Chardonnay ou Sauvignon blanc.
À la fin des années 1980, la Verdesse aurait pu disparaître totalement : seulement 5 hectares recensés sur tout le département, tenus à bout de bras dans une poignée de vignes familiales (Source : INAO, Observatoire Viticole, 1987). Sa survie tient presque du miracle, un legs patiemment transmis et porté, entre autres, par la famille Perret à Saint-Quentin-sur-Isère ou la ferme des Ours à Bernin. Il faut attendre les années 2000 pour voir poindre un discret mouvement de redécouverte, répondant à l’appel d’une génération en quête de singularité et d’enracinement.