Retour sur une saison : témoignages et anecdotes
Chaque année, le lever du soleil sur Arbin réveille un ballet presque suspendu, où les équipes s’amarrent à la colline. En 2022, lors d’une récolte particulièrement sèche mais ensoleillée, il a été chronométré que sur une même parcelle en forte pente, un vendangeur devait effectuer en moyenne 250 m de dénivelé cumulé par demi-journée. Quelques domaines se transmettent histoires et astuces : remonter à vide par le chemin, descendre chargé par le rang, s’encourager en patois savoyard.
- Telle parcelle du domaine Trosset, la “Grande Chabelle”, nécessite la collaboration d’une équipe expérimentée, habituée à travailler presque accroupie sur des rangs aussi raides qu’une piste noire de ski.
- Les anciens racontent qu’on “mesure un bon vendangeur à sa capacité à rester debout sans glisser, panier au bras, tout un matin, sans perdre une grappe ni sa voix”.
La solidarité forgée par l’effort forge la mémoire collective locale. On se rappelle aussi de 2016, où des trombes d’eau avaient rendu la vendange périlleuse, forçant certains à fixer des crampons de fortune sous leurs bottes, ou de 2020 où la sécheresse invitait à récolter très tôt, avant que le soleil ne chauffe trop la pente. Ces anecdotes partagées au coin d’une cuverie renforcent l’esprit de montagne propre à la Savoie viticole.