Crus, parcelles et anecdotes : le calcaire comme signature vigneronne
Le Bugey s’incarne également dans ses crus, reflets de cette carte géologique intime. Ainsi, le Cerdon – ce pétillant unique issu majoritairement de Gamay sur calcaires friables – offre au nez une fragrance de petits fruits rouges et une bouche d’une pureté rare. À Montagnieu, c’est la Roussette qui, plantée sur les pentes blanches, développe sa minéralité urbaine, à la fois fraîche et enveloppante.
Des vignerons comme Franck Peillot (Montagnieu), Pierre-Charles et Sophie Pluchot (Ambléon), ou encore la famille Pernet (Cerdon), travaillent à petite échelle des parcelles dédiées avec une quête quasi obsessionnelle de cette dimension calcaire, parfois en plantant de vieilles sélections massales ou en cultivant en biodynamie pour amplifier l’effet “miroir” du sol sur le vin.
À l’anecdote, il n’est pas rare d’entendre, chez certains artisans, parler de “vin de caillou”. Lors des vendanges, lorsque l’on casse une motte, cela libère, sous la main, un parfum minéral rappelant la poussière d’été, la pierre sèche. Cette sensation, ils la traquent – non par mode, mais comme une promesse de retour aux origines.