Deux cépages, deux destins : Jacquère contre Bergeron (Roussanne)
Derrière la différence de nom, tout commence par celle des cépages :
- Chignin : produit principalement à partir de la Jacquère (au moins 90% selon le cahier des charges, source : INAO), il s’agit d’un cépage autochtone savoyard, léger, apte à exprimer la pureté des sols calcaires.
- Chignin-Bergeron : doit être issu à 100% de Roussanne (localement dite Bergeron). Ce cépage aux origines rhodaniennes s’est acclimaté sur une poignée de versants parfaitement exposés au sud et à l’est.
La Jacquère donne des vins cristallins, tendus, portés par une acidité fine, oscillant entre amandes fraîches, fleurs blanches, agrumes et un subtil parfum d’herbe coupée. Étonnamment peu alcoolisée (souvent entre 10,5 % et 12,5 % vol.), elle permet des vins d’une digestibilité remarquable, adaptés aussi à la garde sur plusieurs années (pour les meilleurs).
La Roussanne/bergeron, quant à elle, livre dans Chignin-Bergeron une toute autre partition : richesse, texture, fruits jaunes (abricot, pêche de vigne), notes de miel, ampleur en bouche. Son potentiel de garde est célèbre : certaines cuvées tutoient 10-15 ans voire davantage, dévoilant avec le temps des touches de fruits confits, de noisette et de fenouil.