Quelques accords audacieux, testés et approuvés
Le mythe : Jacquère et fruit blanc, la simplicité heureuse
Un Apremont bien tendu (le cru emblématique de la Jacquère, sur les terres nées de l’éboulement du Mont Granier en 1248, voir Vins du Siècle) trouve sa juste place auprès d’une tarte fine aux poires, peu sucrée et relevée de zestes de citron. La pointe saline du vin réveille la texture fondante de la poire et éveille les amers discrets de la pâte.
L’élégance : Roussette de Savoie et desserts lactés
À Jongieux ou à Frangy, la Roussette, cépage Altesse, dévoile parfois des notes d’aubépine et d’amande. Accompagnée d’une faisselle locale, arrosée d’un filet de miel de tilleul et de quelques éclats de noisette, elle évoque une douceur feutrée où se nouent gras, vivacité et aromatique florale.
L’étonnement : Gringet d’Ayze, bulles fines avec une tarte à la rhubarbe
Le Gringet, presqu’invisible hors Savoie, brille à Ayze sur des coteaux glaiseux. Dans sa version effervescente (« Ayse »), il fait merveille avec une tarte à la rhubarbe, tantôt acidulée, tantôt tapissée de meringue. L’effervescence prolonge le croquant de la rhubarbe, la vivacité du vin allège le sucre et magnifie la pureté du fruit.
La rareté : Vendanges tardives et desserts d’automne
Si rares soient-elles (moins d’une dizaine de vignerons élaborent des cuvées moelleuses ou liquoreuses sur la zone, source : Vins de Savoie AOC), les vendanges tardives de Savoie offrent une profondeur inattendue sur des tatins aux coings, des cakes aux fruits secs ou même un pain d’épices persillé de fruits confits.