Le poids du temps : une histoire marquée par l’adversité
Longtemps, la Mondeuse fut jugée trop rustique, voire inapte à la finesse moderne recherchée par le marché. C’est pourtant dans cette impopularité passagère que le cru d’Arbin a ancré sa légende : alors que d’autres choisissaient hybridation ou arrachage, les vignerons d’Arbin ont préservé les vieilles souches sur les pentes les plus dures.
L’AOC Vin de Savoie-Arbin est officiellement reconnue depuis 1973 (JORF, 5 décembre 1973), mais la légende court bien avant. Certains ceps de Mondeuse, de sélection massale, ont aujourd’hui plus de 80 ans. En 1957, l’appellation n’était plantée que sur 30 hectares ; la relance du cépage, portée par des familles pionnières, a permis de doubler la surface.
- Vignerons emblématiques :
- Domaine Trosset, le chantre d’Arbin, a hissé la référence « Héritage » au rang mythique, dégustée sur les plus belles tables étoilées françaises.
- Domaine Louis Magnin, reconnu pour son approche parcellaire et bio, éclaire les nuances du granite, millésime après millésime.
- Maison Perrier, Domaine Giachino, ou encore André et Michel Quénard — chacun cultive une identité, mais la quête reste la même : la pureté de la Mondeuse d’Arbin.
Ces vignerons, avec d’autres, ont œuvré à la reconnaissance européenne de la Mondeuse : le premier dossier d’IGP (Indication Géographique Protégée) pour la Savoie mentionnait spécifiquement « Mondeuse d’Arbin » comme modèle de typicité (source : INAO).