Plus haut, plus frais : paroles de vignerons et anecdotes de vendange
La parole des vignerons d’Abymes, souvent transmise à voix basse entre deux rangs de Jacquère, traduit la réalité du terrain. Pierre Dupraz, du Domaine éponyme, confie :
« Sur la même parcelle vendangée en deux temps, le haut donne chaque année un vin d’un degré de moins et d’une acidité supérieure, mais le plus étonnant, ce sont les arômes d’herbes fraîches et de pomelo sur les cuvées du dessus. La vivacité, elle est à la fois plus cinglante, mais aussi plus énergique, jamais verte. »
Des archives témoignent qu’au XIXe siècle, les raisins issus des hauteurs servaient à produire les vins que l’on gardait pour l’été : mieux aptes à se conserver grâce à leur tension naturelle, ils étaient réservés à une consommation estivale, lors des rassemblements agricoles auxquels participaient toute la vallée (Source : Archives Départementales de la Savoie, Recueil vinicole 1867).